30 juillet 2026

Capteurs IR en culture high-wire : comment positionner vos sondes Aranet pour obtenir des lectures fiables toute la saison

Capteurs IR en culture high-wire : comment positionner vos sondes Aranet pour obtenir des lectures fiables toute la saison

Le problème que peu de producteurs posent clairement

En culture high-wire, les plantes ne restent pas immobiles. Chaque semaine, les tiges sont descendues, les feuilles changent de position et le capteur qui visait initialement une belle feuille mature peut finir par mesurer un tuyau d’irrigation, un fruit ou un espace vide dans le couvert végétal.

C’est précisément la question qu’un producteur de concombres nous a récemment posée — et c’est une excellente question.

Parce que si les données de température foliaire ne sont pas fiables, les décisions de conduite climatique qui en découlent ne le seront pas davantage.

Voici ce que nous lui avons répondu, ainsi que les principaux éléments que tout producteur devrait connaître avant d’installer un capteur infrarouge.

L’erreur classique : viser une feuille précise

Le réflexe naturel consiste à diriger le capteur vers une feuille précise, idéalement une belle feuille mature, bien exposée et représentative de la culture.

Cela semble logique.

Le problème, c’est que deux semaines plus tard, cette feuille peut avoir descendu de 60 cm. Le capteur, lui, n’aura pas bougé.

La bonne approche consiste donc à cibler un étage de la culture, et non une feuille en particulier.

La descente régulière des plants permet de maintenir la tête de la plante à une hauteur relativement constante. Le couvert végétal demeure ainsi une structure assez stable dans l’espace, même si chaque plant se déplace progressivement le long du rang.

Le capteur surveille donc un niveau fixe dans la culture. Il mesurera probablement une feuille différente d’une semaine à l’autre, mais celle-ci se trouvera à un stade de développement comparable.

C’est cette approche qui permet d’obtenir une série de données cohérente et interprétable sur l’ensemble du cycle de production.

Un avantage encore peu exploité : la fixation magnétique

Le capteur IR Aranet est équipé d’un aimant. Ce détail peut sembler secondaire, mais il change considérablement les choses dans la pratique.

Lorsqu’il est fixé directement sur un poteau de laser ou sur une autre structure métallique, il offre plusieurs avantages :

  • Aucune installation permanente : aucun perçage ni support sur mesure n’est nécessaire
  • Repositionnement en quelques secondes si la cible n’est plus adéquate
  • Ajustement manuel de l’angle d’incidence, sans outil

Autrement dit, il n’est pas nécessaire d’obtenir un positionnement parfait dès la première installation.

Le réglage peut être affiné durant les premières semaines, puis maintenu tout au long de la saison. C’est aussi pourquoi une bonne procédure de vérification est souvent plus utile qu’un montage permanent supposément parfait.

Un point demeure toutefois important : le capteur mesure 620 mm de longueur et pèse environ 600 g.

Le contact magnétique doit donc être solide, installé sur une surface propre et fixé à un support rigide qui ne fléchira pas sous le poids du capteur.

Où positionner les deux capteurs IR

Pour suivre correctement le profil thermique du couvert végétal, nous recommandons l’utilisation de deux capteurs IR par station de mesure.

Capteur supérieur

Le capteur supérieur devrait viser de jeunes feuilles pleinement développées situées sous la tête de la plante, soit quelques feuilles sous le point de croissance, dans une partie bien exposée du couvert.

Cette strate est généralement la plus réactive aux variations des conditions climatiques.

Il vaut mieux éviter de viser directement la tête de la plante. Cette zone est souvent plus ouverte et mieux ventilée, ce qui peut rendre les mesures moins stables et moins représentatives.

Capteur inférieur

Le positionnement du capteur inférieur est plus complexe, puisque cette zone correspond également à l’endroit où l’effeuillage est effectué régulièrement.

L’approche la plus logique consiste à positionner le capteur par rapport à la ligne d’effeuillage actuelle, plutôt qu’à une hauteur absolue dans la serre.

Ce capteur exigera généralement davantage de surveillance et de repositionnements. C’est précisément à cet endroit qu’une procédure de vérification régulière devient essentielle.

Distance et angle : comprendre le champ de vision de 5°

Le capteur IR Aranet possède un champ de vision de 5°.

Cela peut sembler étroit — et ça l’est — mais cette précision constitue un avantage.

À une distance de 50 cm, la zone mesurée représente environ 4,4 cm de diamètre.

À une distance de 80 cm, elle atteint environ 7 cm de diamètre.

Une feuille de concombre peut facilement mesurer de 25 à 30 cm de largeur. Une distance d’environ 40 à 80 cm entre le capteur et la feuille permet donc de maintenir l’ensemble de la zone de mesure sur du tissu foliaire, tout en conservant une bonne marge de sécurité.

L’angle recommandé consiste à viser légèrement vers le bas, en diagonale dans la face du couvert végétal, plutôt qu’à l’horizontale le long du rang.

Lorsqu’il est dirigé horizontalement, le cône de vision risque tôt ou tard de traverser une ouverture dans le feuillage et de mesurer un tuyau, le sol, une paroi ou un autre élément de la serre.

Le capteur sort alors des conditions pour lesquelles sa précision est spécifiée.

Ce point est important, puisque la précision annoncée de ±1 °C repose sur une émissivité de 0,97, soit une valeur correspondant au tissu foliaire.

Dès qu’un élément non végétal entre dans le champ de mesure, la lecture peut être faussée.

La procédure de vérification : l’étape la plus sous-estimée

Un bon positionnement initial ne suffit pas.

En culture high-wire, le couvert végétal évolue continuellement, alors que les capteurs ne s’ajustent pas automatiquement.

La meilleure façon de garantir des données fiables consiste à intégrer une courte procédure de vérification aux opérations régulières de la serre. Celle-ci devrait idéalement être effectuée après chaque descente des plants.

La procédure peut être très simple :

  1. Vérifier visuellement que le capteur vise toujours une feuille, et non un espace vide, un fruit ou un tuyau
  2. Corriger manuellement l’angle du capteur au besoin
  3. Repositionner le capteur sur le poteau si la strate ciblée s’est déplacée
  4. Noter la date de l’intervention

La consignation des dates de repositionnement facilite grandement l’interprétation des données par la suite.

Elle permet notamment d’éviter de confondre un changement causé par la réorientation du capteur avec une réelle variation physiologique de la plante.

Deux comportements dans les données peuvent souvent indiquer qu’un capteur est mal positionné :

  • La température foliaire devient presque identique à la température de l’air : le capteur ne mesure peut-être plus une feuille
  • La température mesurée chute soudainement : le capteur mesure peut-être un élément plus froid, comme un tuyau d’eau ou une paroi

Dans les deux cas, une vérification physique du capteur est recommandée.

Puisque chaque station possède deux capteurs IR, une différence inhabituelle entre la température mesurée dans le haut et dans le bas du couvert peut également servir d’indicateur précoce.

VPD foliaire et VPD de l’air : quelle est la différence ?

Les deux mesures peuvent être obtenues avec Aranet Cloud, mais elles ne sont pas calculées de la même façon.

VPD de l’air

Le VPD de l’air est calculé à partir des données de température et d’humidité relative fournies par un capteur T/RH.

Pour les applications en serre, nous recommandons un capteur équipé d’un bouclier anti-radiation et installé au-dessus du couvert végétal.

Cette configuration permet d’obtenir une mesure plus fiable lorsque le capteur est exposé au rayonnement direct.

VPD foliaire

Le VPD foliaire est calculé en combinant la température de surface de la feuille, mesurée par le capteur IR, avec les données de température et d’humidité relative.

Cette valeur représente plus fidèlement les conditions que la plante vit réellement au niveau des stomates.

Elle est donc particulièrement utile pour ajuster la conduite climatique et mieux comprendre la réponse de la culture à son environnement.

Combien de capteurs faut-il pour un hectare de concombres high-wire ?

Pour obtenir un suivi rigoureux sur une zone de production d’un hectare, nous recommandons la configuration suivante :

CapteurQuantitéPositionnement
Capteur T/RH avec bouclier anti-radiation3 à 4Répartis entre le centre et les bordures, dont un au niveau des grappes
Capteur IR de température foliaire2Haut du couvert et ligne d’effeuillage
Capteur PAR1, optionnelPour interpréter les hausses de température lors des journées de fort rayonnement

Un seul point de mesure installé au centre ne peut pas représenter précisément les conditions vécues dans l’ensemble d’une zone d’un hectare.

Le VPD peut varier de manière significative entre le centre de la serre et les bordures.

Dans ce contexte, la redondance des capteurs n’est pas du gaspillage. Elle permet d’obtenir une meilleure représentativité spatiale des conditions de culture.

Ce qu’il faut retenir

Le capteur IR Aranet n’est pas difficile à utiliser.

Toutefois, comme tout instrument de précision, il mesure uniquement ce vers quoi il est dirigé.

Un positionnement réfléchi, combiné à une procédure de vérification régulière, est souvent plus efficace qu’une installation initiale parfaite qui ne serait plus jamais surveillée.

Pour obtenir un plan de déploiement adapté à la configuration de votre serre, communiquez avec notre équipe.

Nous pouvons également préparer une soumission en fonction de votre superficie, de votre culture et de vos objectifs de surveillance.

Catégorie suggérée : Technologie de serre / Capteurs et données

Mots-clés : Aranet, température foliaire, VPD, concombre high-wire, capteur IR, horticulture en environnement contrôlé

Auteur : Jordan Goulet

← Retour aux articles ← Back to articles


Do you want to hide this popup?